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L'érotisme du pied et de la chaussure, de William Rossi

L'érotisme du pied et de la chaussure, de William Rossi (329 pages, Editions Payot, 2003, ISBN: 978-2228896894)

Les talons hauts ne datent pas d’hier. Déjà, à la Renaissance, les élégantes de Venise portaient des chaussures surélevées appelées "chopines". Ces chaussures formées d’une plate-forme en bois pouvaient mesurer jusqu'à 60 centimètres de haut ! A la cour de Louis XVI, les femmes portaient des chaussures si hautes qu’elles ne pouvaient ni marcher sans une canne, ni monter les escaliers sans s’appuyer sur un bras secourable. Si pendant des siècles, les talons hauts ont été portés indifféremment par les femmes et par les hommes, pour se grandir, le talon aiguille lui a toujours été un apanage féminin, symbole de sensualité et d’érotisme. Voilà pourquoi "la plupart des femmes préfèrent aller en enfer en talons hauts plutôt qu’au paradis en talons plats" (William Rossi). Mais pourquoi s’imposer un tel supplice ?


"Le talon haut a été inventé par une femme qui en avait assez d’être embrassée sur le front". Sacha Guitry n'avait peut-être pas tort! D’abord, parce que la femme gagne ainsi très facilement les quelques centimètres qui rattrapent la différence de taille d'avec leur compagnon. Ensuite et surtout, plus féminines et sophistiquées en portant des talons hauts, elle donne envie de l’embrasser ailleurs que sur le front!

Plus sérieusement, c'est dès la fin des années 1940, qu'en quête de matériaux plus solides pour l'exécution des talons, les fabricants de chaussures se tournent vers l'utilisation du métal pour la création d'un talon en acier. À la fois léger et résistant, le nouveau talon aiguille en acier permettra de concevoir des modèles à la hauteur vertigineuse. Inventé par
Charles Jourdan au début des années cinquante, qui fait amincir le talon du classique escarpin et le hisse à 8 cm de hauteur, le talon aiguille fait sa première apparition officielle dans un défilé de Christian Dior : il finit parfaitement le New Look hyper-féminin, pour "terminer la silhouette d'un coup de crayon" (Roger Vivier, 1954). Après les années de guerre, marquées par une mode aux allures masculines, les femmes aspirent à l’élégance et au glamour. Après les privations, désir de consommation. Après l’utile, l'envie de futile. Le talon aiguille tombe à pic, remplaçant les pieds d’éléphant par des jambes de gazelle. D'autres créateurs comme André Perugia, ou Salvatore Ferragamo lui donnent ses lettres de noblesse.

Des stars hollywoodiennes comme Marylin Monroe, Ava Gardner, ou Jane Mansfield (qui en possédait plus de 200 paires) adoptent ce talon sexy, version mule ou escarpin, avec un fourreau moulant ou un pantalon corsaire. Le prêt à porter s’en empare et les talons aiguilles martèlent les rues de leurs staccatos de stiletto.

Vilipendé dans les années soixante par les féministes qui portent pantalons et talons plats (« il transforme la femme en objet sexuel! »), les médecins (« il abîme les pieds! ») et même l’administration qui l’interdit dans les musées (« il marque le plancher!!! »), le talon tueur (traduction française du stiletto italien) qui mesure plus de 10 cm est alors un peu délaissé, ne restant réservé qu'aux fétichistes et aux hôtesses de bar. Il revient sur le devant de la scène au début des années quatre-vingt-dix, féminisant les costumes croisés des business women et re-séduisant les stars. Il inspire aujourd’hui les créateurs les plus branchés, comme Christian Louboutin, Jimmy Choo, Stuart Weitzman, (le sultan du talon aiguille!), ou Manolo Blahnik.
La loi du talon (aiguille) se vérifie à tous les coups : il attire le regard de l’homme sur le pied, qui remonte ensuite le long de la cheville, puis la jambe, et enfin continue son ascension… Haut de dix à douze cm, il grandit et allonge la silhouette. En modifiant la position du pied, il galbe le mollet, affine la jambe, d’autant plus s’il est prolongé par un bas couture, arrondit les fesses, et cambre les reins. Déjà au repos, il attire l’œil. Mais quand il marche, il entraîne derrière lui des regards allumés et concupiscents!

Pour compenser le déséquilibre qu’il provoque, il impose une posture particulière : tête haute, buste droit, épaules en arrière faisant ressortir la poitrine, ventre et fesses rentrés. Quand une femme est campée sur des talons, son corps change, son centre de gravité n’est plus le même. La démarche, légèrement déhanchée, doit être très étudiée, surtout si elle est entravée par une jupe étroite. Et oui, Mesdames, marcher juchée sur ces mini-échasses avec élégance et naturel, ça s’apprend!


D’autant qu’un accident est vite arrivé : on coince son talon dans une grille, ou entre deux pavés, on se tord le pied, et c’est l’entorse assurée! Contrairement à la chanson de Nancy Sinatra, "These boots are made for walking", ces chaussures-là ne sont pas faites pour marcher! Aux États-Unis, on les appelle aussi les talons limousine. « Déposez-moi là, chauffeur, juste devant la maison… ».


La symbolique érotique de la chaussure, que tout occidentale découvre dès l'enfance, à travers le conte Cendrillon de Charles Perrault, est d'origine orientale. Le pharaon Amasis, au VIe s. av. JC, envoie des émissaires dans tout l'Empire afin de retrouver Rhodopis, propriétaire de la sandale qu'un aigle lui a amené, et qui devient l'objet de tous ses fantasmes. On retrouve aussi les mêmes mythes dans des contes chinois du IXe siècle, ainsi que chez les amérindiens de la Nouvelle-Angleterre. Vous pouvez lire aussi la Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim, pour une analyse psychanalytique du conte, et la symbolique de la pantoufle de verre, «un petit réceptacle où une partie du corps peut se glisser et être tenue serrée peut être considéré comme le symbole du vagin. Et s’il est fait d’une matière fragile qui peut se briser si on la force, on pense aussitôt à l’hymen (...) et un objet qui se perd facilement à la fin d’un bal (…) peut passer pour une image assez juste de la perte de la virginité». Ceci est confirmé par le symbolisme de la chaussure selon William Rossi.


La chaussure « n’est pas une simple enveloppe protectrice pour le pied, ni un ornement capricieux, mais un vêtement sexuel correspondant au caractère érotique du pied. » En effet, si le pied représente l'organe érotique phallique, la chaussure en est le partenaire sensuel féminin. On enfile une chaussure, on se glisse dedans avec délicatesse, et toute cette gestuelle est une source de plaisir inconscient, mais pourtant quotidien.


Rossi nous dévoile aussi, entre autre, dans son livre que :


- le pied humain est riche en nerfs sexuels. Les terminaisons nerveuses y sont plus denses que dans tout autre parties du corps. Le pied est un organe hautement érogène.


- nos chaussures donnent des indications sur notre statut social, notre richesse, nos occupations, et même sur l’état de notre libido. La chaussure est un véritable atout de séduction.


- la chaussure est aussi un corset pour les pieds. Regardons l'histoire du pied de lotus chez les chinois. Des dizaines de millions de chinoises durant plus de mille ans, ont représentées une caste d'aristocratie sociale et sexuelle grâce à leurs pieds bandés, atrophiés, et mutilés, mais considérés comme exquis et voluptueux par tout un empire.


- de tout les fétichismes sexuels, ceux du pied et de la chaussure sont les plus anciens et les plus répandus.


En moyenne, chaque femme conserverait une douzaine de paires de chaussures dans ses placards. Que dire alors de celles qui collectionnent les paires par dizaines ? D’après la psychanalyste Sophie Cadalen, “...ce besoin d’accumulation est emblématique d’une fragilité narcissique. La femme se dit consciemment ou pas : je ne peux pas plaire telle que je suis, il me faut absolument cette paire, et puis celle-là, et puis encore celle-là... C’est une histoire sans fin. ”


Et celles qui les collectionnent sans les porter ? C’est grave, docteur ? La collection de chaussures qu’on ne touche pas est significative d’une certaine retenue : “ Cela traduit un refus de vivre ses fantasmes à fond. C’est un non-passage à l’acte : on sait qu’elles sont là, leur présence nous rassure et, quelque part, ça nous suffit. Le simple fait de les regarder est source de jouissance. ”


Laissons le dernier mot à William Rossi : “ La plupart des femmes préfèrent aller en enfer en talons hauts plutôt qu’au paradis en talons plats. ” À méditer.


Pour des lectures complémentaires, :


Pieds et chaussures, confort, beauté, érotisme, de Christophe François, (286 pages, Editions Josette Lyon, 1999, ISBN: 978-2843190193)


Aux pieds des femmes : Érotique du pied et de la chaussure, de Jean-Marc Fombonne (365 pages, Editions Payot, 2008, ISBN: 978-2228902861)

Une jolie couverture de livre, encore!

J'ai lâchement abandonné l'idée de lire tout les livres qui me sautent à l'œil! Dans mes choix de lecture, l'attrait de la couverture est très important! Je ne pourrais pas expliquer pourquoi, mais certains livres me parlent plus que d'autres. Mais je n'ai pas assez de temps pour tout dévorer! C'est pourquoi j'ai décidé de simplement publier les visuels que je croise et qui s'impriment dans ma rétine.

Donc, voici ma sélection du jour :



Les "Poster Girls" de Jasper Goodall

Jasper Goodall est né en 1973 à Birmingam, en Angleterre, d'un père architecte et d'une mère artiste peintre et photographe. Diplômé de l'Université de Brighton en 1995, il y enseigne aujourd'hui.

En février 2009 Goodalls installe ses "Poster Girls" dans une galerie de Londres. Cette exposition a marqué une nouvelle direction dans son travail, mêlant photographies et illustrations dans un superbe mélange de latex brillant, ruisselant de flaques de peinture rose ou noire, peuplé de Mickey démoniaque et de méchant Bambi, repoussant sans cesse la frontière ténue entre fiction et réalité, entre fétichisme et art!

Evil Mickey

Crude Oil

Pink Polish / Bad Bambi



Liberty In Restraint, un film réalisé par Michael Ney


Le monde clandestin du BDSM, de la mode fétichiste et du "deviant sex" a toujours eu un puissant attrait pour Noel Graydon. Pendant cinq ans, il a œuvré en tant que "Master Venom", Maitre Dominant, et a établi des liens qui l'ont amené à véritablement saisir ce monde underground. Liberty In Restraint est un documentaire sur la vie et l'œuvre du photographe, ainsi qu'une exploration de la scène fétichiste et BDSM de Sydney, en Australie. Le film suit Noel dans sa quête d'authenticité ... révélant les mentors, muses et masochistes qui ont inspiré ses activités artistiques ... montrant sa passion pour l'art et ses thèmes de prédilection, le latex et le bondage, la religion, le sexe...

"Suffer The Little Children"


Noel a commencé sa carrière comme assistant photographe et caméraman. Entre-temps, il a pratiqué le photo-journalisme, en indépendant en collaborant avec plusieurs magazines, et a couvert ainsi différentes questions de mode de vie sexuelle. Son travail a été publié dans "Substance" ou "Outrage" en Australie, et "SkinTwo" au Royaume-Uni. Il a également assuré des chroniques dans "Flesh".

"Summer of '33"


Noel Graydon est décédé d'une crise cardiaque en Juillet 2007 à Brisbane. Il avait 36 ans.





Gianluca Mattia

Gianluca Mattia est un graphiste italien. Il révolutionne l'image de la pin-up, déforme et exagère outrageusement ses courbes et ses formes. Il incorpore dans ses illustrations des détails souvent fétichistes, parfois gore, et toujours intrigants, avec des influences issues de la pop culture, tatouages et piercings, et des comics ...

 Il y a aussi une très jolie série (ici) en hommage aux plus belles carrosseries, qu'elle soient automobiles ou bien humaines!














































 


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ALL IMAGES © GIANLUCA MATTIA



Le tango est une pensée triste qui se danse...

"El tango es un sentimiento triste que se baila!"
Enrique Santos Discépolo, aka Discepolín (1901-1951) compositeur, Buenos-Aires Argentine.



Tango. Danse sensuelle, telle une allégorie de l'amour et du couple, dans un flamboyant manège d'attraction/répulsion.

Fétichistes du talon haut et du bas résille, ces quelques photos vous parleront mieux que mes mots!









 

 

 

 

 

 

Chaussures de Tango, Sexe et Talons aiguilles, un article de Noël Blandin sur le site La République des Lettres.

Rebeca Puebla



 Rebeca Puebla est une artiste espagnole qui vient de Madrid. Elle travaille essentiellement en 3D, pour de la vidéo et des jeux. 

Elle aime aussi le latex, les corsets, la lingerie, et les tatouages, et les intègre dans ses illustrations.







Voici ses Twisted Dolls.

The butcher's bride


Mistress Lili





http://rebecapuebla.blogspot.com/

Un peu de latex



Le latex est un matériau élastique élaboré à partir du latex naturel de l’hévéa ou synthétisé artificiellement.  



L'odeur, le contact de la matière, ainsi que la mise en valeur des courbes du corps moulé dans le latex sont très excitant et érogène pour le fétichiste. 




Pour en savoir un peu plus :

LatexWiki - the free latex fetish encyclopedia.

Elmer Batters

Elmer Batters (1919-1997) est un des photographe précurseur du fétichisme du pied, et surtout du bas couture. 






Publié dès les années 60 dans des revues telles que Leg-O-Rama, Nylon DoubleTake ou Black Silk Stockings, cet artiste a œuvré pour la démocratisation de la photo fétichiste.




















 Quelques livres sont disponibles chez Taschen.


High Tech Fetish

High tech fetish est une campagne de pub qui date de 2006, pour le site Cosmos Austria, vente de matériel électronique en ligne. Tout les appareils, détournés ici de leur fonction première, sont en vente sur leur site!  Le photographe s'appelle Wolfgang Zajc.






Benjamin Lacombe






Benjamin Lacombe est un illustrateur de livre jeunesse. (publiés essentiellement chez Le Seuil Jeunesse) et de BD (Ed. Soleil).






D'autres de ses œuvres sont destinées à un public plus adulte!










Expo "eat me drink me" (2008)

"J'ai fait 2 pièces spécialement pour l'occasion. J'ai vraiment traité le thème d'Alice sous un angle particulier. Alors âmes sensibles passez votre chemin.



Je me suis principalement appuyé sur la personnalité à la sexualité trouble de Lewis Carrol, sur son amour un peu trop prononcé pour les petites filles. Sur ce monde qu'il a créé pour les séduire. C'est la véritable Alice, à savoir Alice Liddel que j'ai dessinée.




Je sais d'avance que mon interprétation pourrait choquer, ce n'est pas du tout jeunesse dans l'approche."




"La forêt d'épingles"




Vision de l'artiste, en référence directe au petit Chaperon Rouge. Symbole du passage forcé dans la puberté et de la perte de son innocence quand la jeune fille rencontre le loup.








L'exposition collective "Never say Neverland" à l'Art de rien, Paris, se tient du 7 octobre au 8 novembre 2010 sur le thème de Peter Pan.  


"J'ai eu une partie pas facile à interpréter, puisque c'est le moment ou Wendy est faite prisonnière par les pirates et prête à passer sur la planche. Comme souvent j'ai profité de cette exposition pour creuser un univers bien loin de celui que j'explore en jeunesse (les petits passez votre chemin)... Quelque chose d'un peu plus sombre et trouble, donc. Quelque part j'ai voulu illustré une peu la personnalité un peu muselée de cette parfaite petite fille du 19e, Wendy, futur femme soumise".

 

Air doll Hirokazu Kore-Eda

Date de sortie cinéma : 16 juin 2010

Réalisé par Hirokazu Kore-Eda
Avec Doona Bae, Arata, Jô Odagiri.

Titre original : Kûki Ningyô

Tokyo. Une poupée gonflable habite l’appartement sordide d’un homme d’une quarantaine d’années. Elle ne peut ni parler, ni bouger, mais elle est la seule compagne de son propriétaire. Il lui parle, prend son bain avec elle, et lui fait l’amour chaque soir, en rentrant du travail. Mais un jour, le fantasme devient réalité : la poupée prend vie et développe des sentiments humains. Comme un nouveau-né, elle découvre un monde inconnu qu’elle aspire à découvrir.
Elle s’aventure alors dans les rues de la ville, fascinée par tout ce qu’elle voit, mais les gens qu’elle rencontre sont incapables de lui expliquer ce que veut dire “être en vie”... C’est en poussant la porte d’un vidéoclub qu’elle obtient enfin une réponse : elle fait la connaissance de Junichi, le vendeur, et tombe aussitôt amoureuse de lui. La poupée est embauchée au magasin et noue chaque jour des liens de plus en plus forts avec Junichi : ils vont ensemble au cinéma et sillonnent la ville ... comme un couple.
La poupée est parfaitement heureuse jusqu’au jour où elle se coupe la main par accident et se met à dégonfler devant Junichi...

Adapté de la bande dessinée "The Pneumatic Figure of a Girl de Gouda Yoshiee" (aux éditions Shogakukan).

Un petit air de Pinocchio, mâtiné de fétichisme nippon sur une musique de World's End Girlfriend.

"Les saynètes subtilement burlesques s'entrelacent avec d'assez beaux moments d'errance mélancolique." (Le Monde.fr)

Très beau site officiel à visiter, en VO, mais vraiment très très beau!