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L'érotisme du pied et de la chaussure, de William Rossi
L'érotisme du pied et de la chaussure, de William Rossi (329 pages, Editions Payot, 2003, ISBN: 978-2228896894)
"Le talon haut a été inventé par une femme qui en avait assez d’être embrassée sur le front". Sacha Guitry n'avait peut-être pas tort! D’abord, parce que la femme gagne ainsi très facilement les quelques centimètres qui rattrapent la différence de taille d'avec leur compagnon. Ensuite et surtout, plus féminines et sophistiquées en portant des talons hauts, elle donne envie de l’embrasser ailleurs que sur le front!
Plus sérieusement, c'est dès la fin des années 1940, qu'en quête de matériaux plus solides pour l'exécution des talons, les fabricants de chaussures se tournent vers l'utilisation du métal pour la création d'un talon en acier. À la fois léger et résistant, le nouveau talon aiguille en acier permettra de concevoir des modèles à la hauteur vertigineuse. Inventé par Charles Jourdan au début des années cinquante, qui fait amincir le talon du classique escarpin et le hisse à 8 cm de hauteur, le talon aiguille fait sa première apparition officielle dans un défilé de Christian Dior : il finit parfaitement le New Look hyper-féminin, pour "terminer la silhouette d'un coup de crayon" (Roger Vivier, 1954). Après les années de guerre, marquées par une mode aux allures masculines, les femmes aspirent à l’élégance et au glamour. Après les privations, désir de consommation. Après l’utile, l'envie de futile. Le talon aiguille tombe à pic, remplaçant les pieds d’éléphant par des jambes de gazelle. D'autres créateurs comme André Perugia, ou Salvatore Ferragamo lui donnent ses lettres de noblesse.
Des stars hollywoodiennes comme Marylin Monroe, Ava Gardner, ou Jane Mansfield (qui en possédait plus de 200 paires) adoptent ce talon sexy, version mule ou escarpin, avec un fourreau moulant ou un pantalon corsaire. Le prêt à porter s’en empare et les talons aiguilles martèlent les rues de leurs staccatos de stiletto.
Vilipendé dans les années soixante par les féministes qui portent pantalons et talons plats (« il transforme la femme en objet sexuel! »), les médecins (« il abîme les pieds! ») et même l’administration qui l’interdit dans les musées (« il marque le plancher!!! »), le talon tueur (traduction française du stiletto italien) qui mesure plus de 10 cm est alors un peu délaissé, ne restant réservé qu'aux fétichistes et aux hôtesses de bar. Il revient sur le devant de la scène au début des années quatre-vingt-dix, féminisant les costumes croisés des business women et re-séduisant les stars. Il inspire aujourd’hui les créateurs les plus branchés, comme Christian Louboutin, Jimmy Choo, Stuart Weitzman, (le sultan du talon aiguille!), ou Manolo Blahnik.
La loi du talon (aiguille) se vérifie à tous les coups : il attire le regard de l’homme sur le pied, qui remonte ensuite le long de la cheville, puis la jambe, et enfin continue son ascension… Haut de dix à douze cm, il grandit et allonge la silhouette. En modifiant la position du pied, il galbe le mollet, affine la jambe, d’autant plus s’il est prolongé par un bas couture, arrondit les fesses, et cambre les reins. Déjà au repos, il attire l’œil. Mais quand il marche, il entraîne derrière lui des regards allumés et concupiscents!
Pour compenser le déséquilibre qu’il provoque, il impose une posture particulière : tête haute, buste droit, épaules en arrière faisant ressortir la poitrine, ventre et fesses rentrés. Quand une femme est campée sur des talons, son corps change, son centre de gravité n’est plus le même. La démarche, légèrement déhanchée, doit être très étudiée, surtout si elle est entravée par une jupe étroite. Et oui, Mesdames, marcher juchée sur ces mini-échasses avec élégance et naturel, ça s’apprend!
D’autant qu’un accident est vite arrivé : on coince son talon dans une grille, ou entre deux pavés, on se tord le pied, et c’est l’entorse assurée! Contrairement à la chanson de Nancy Sinatra, "These boots are made for walking", ces chaussures-là ne sont pas faites pour marcher! Aux États-Unis, on les appelle aussi les talons limousine. « Déposez-moi là, chauffeur, juste devant la maison… ».
La symbolique érotique de la chaussure, que tout occidentale découvre dès l'enfance, à travers le conte Cendrillon de Charles Perrault, est d'origine orientale. Le pharaon Amasis, au VIe s. av. JC, envoie des émissaires dans tout l'Empire afin de retrouver Rhodopis, propriétaire de la sandale qu'un aigle lui a amené, et qui devient l'objet de tous ses fantasmes. On retrouve aussi les mêmes mythes dans des contes chinois du IXe siècle, ainsi que chez les amérindiens de la Nouvelle-Angleterre. Vous pouvez lire aussi la Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim, pour une analyse psychanalytique du conte, et la symbolique de la pantoufle de verre, «un petit réceptacle où une partie du corps peut se glisser et être tenue serrée peut être considéré comme le symbole du vagin. Et s’il est fait d’une matière fragile qui peut se briser si on la force, on pense aussitôt à l’hymen (...) et un objet qui se perd facilement à la fin d’un bal (…) peut passer pour une image assez juste de la perte de la virginité». Ceci est confirmé par le symbolisme de la chaussure selon William Rossi.
La chaussure « n’est pas une simple enveloppe protectrice pour le pied, ni un ornement capricieux, mais un vêtement sexuel correspondant au caractère érotique du pied. » En effet, si le pied représente l'organe érotique phallique, la chaussure en est le partenaire sensuel féminin. On enfile une chaussure, on se glisse dedans avec délicatesse, et toute cette gestuelle est une source de plaisir inconscient, mais pourtant quotidien.
Rossi nous dévoile aussi, entre autre, dans son livre que :
- le pied humain est riche en nerfs sexuels. Les terminaisons nerveuses y sont plus denses que dans tout autre parties du corps. Le pied est un organe hautement érogène.
- nos chaussures donnent des indications sur notre statut social, notre richesse, nos occupations, et même sur l’état de notre libido. La chaussure est un véritable atout de séduction.
- la chaussure est aussi un corset pour les pieds. Regardons l'histoire du pied de lotus chez les chinois. Des dizaines de millions de chinoises durant plus de mille ans, ont représentées une caste d'aristocratie sociale et sexuelle grâce à leurs pieds bandés, atrophiés, et mutilés, mais considérés comme exquis et voluptueux par tout un empire.
- de tout les fétichismes sexuels, ceux du pied et de la chaussure sont les plus anciens et les plus répandus.
En moyenne, chaque femme conserverait une douzaine de paires de chaussures dans ses placards. Que dire alors de celles qui collectionnent les paires par dizaines ? D’après la psychanalyste Sophie Cadalen, “...ce besoin d’accumulation est emblématique d’une fragilité narcissique. La femme se dit consciemment ou pas : je ne peux pas plaire telle que je suis, il me faut absolument cette paire, et puis celle-là, et puis encore celle-là... C’est une histoire sans fin. ”
Et celles qui les collectionnent sans les porter ? C’est grave, docteur ? La collection de chaussures qu’on ne touche pas est significative d’une certaine retenue : “ Cela traduit un refus de vivre ses fantasmes à fond. C’est un non-passage à l’acte : on sait qu’elles sont là, leur présence nous rassure et, quelque part, ça nous suffit. Le simple fait de les regarder est source de jouissance. ”
Laissons le dernier mot à William Rossi : “ La plupart des femmes préfèrent aller en enfer en talons hauts plutôt qu’au paradis en talons plats. ” À méditer.
Pour des lectures complémentaires, :
Pieds et chaussures, confort, beauté, érotisme, de Christophe François, (286 pages, Editions Josette Lyon, 1999, ISBN: 978-2843190193)
Le faiseur d'histoire, de Stephen Fry
Remonter le temps, et se débarrasser d'Adolf Hitler. Qui n'y a jamais pensé ?
C'est l'occasion qui se présente à Michael Young, jeune étudiant en histoire à Cambridge, qui buche d'ailleurs une thèse sur la jeunesse du Führer, son Meisterwerk de doctorat. Sa rencontre, de plein fouet avec le professeur Leon Zuckermann, physicien obsédé par La Shoah, va changer l'histoire. Littéralement.
Michael se retrouve alors dans un univers diamétralement différent, où Hitler n'a jamais existé. Mais ce monde est-il vraiment meilleur que celui dont il conserve ses souvenirs ? Un peu paumé dans cette existence parallèle, dans laquelle il étudie la philo aux États-Unis, où l'homosexualité est un crime, et les ordinateur sont des Paps et n'ont pas de claviers, il va se retrouver devant un choix déchirant, pour l'humanité toute entière, ainsi que pour lui même !
Traduit d'abord chez Les Moutons Électriques, en 2009, cette comédie uchronique romantique gay est le troisième roman de Fry.
Les contes macabres, Poe versus Lacombe
Encore un très beau livre illustré par Monsieur Lacombe!
Les contes macabres d'Edgar Alan Poe. Non pas une réédition, mais plutôt une édition agrémentée. Avec une nouvelle, heu, nouvelle de Poe, Ligeia. L'auteur en a profité aussi pour "corriger les petits défauts, refaire certains dessins de la première édition et finaliser l'objet."!
"Comme vous avez pu le constater dans l'image du début, la tranche du livre est désormais noir et le fer à chaud, rouge... Ce sont de petites choses, mais qui finissent vraiment l'objet/livre. Le tranche fil a retrouvé aussi la couleur que j'avais souhaité au départ ( un grenat plutôt qu'un vermillon) et sa matière aussi ( un tissage de soie.)"
Si c'est pas du perfectionnisme, ça!
Comme de toute façon, l'édition originale étant épuisée, il ne vous reste plus qu'à acquérir celui-ci! (pour une trentaine d'euros)
En demandant l’interdiction du roman, on ne répare pas le crime, on en commet un autre - contre l’esprit, celui-là.
Souvenez-vous, je vous avez déjà parlé du roman de Régis Jauffret, Sévère. Ce roman fait aujourd'hui l'objet d'une plainte de la famille Stern qui réclame le retrait du livre. Une pétition de soutien a été mise en ligne sur le site lesInrocks.com, ouverte à vos signatures. Pour lutter encore pour la liberté d'expression, à vos mails!
Une jolie couverture de livre, encore!
J'ai lâchement abandonné l'idée de lire tout les livres qui me sautent à l'œil! Dans mes choix de lecture, l'attrait de la couverture est très important! Je ne pourrais pas expliquer pourquoi, mais certains livres me parlent plus que d'autres. Mais je n'ai pas assez de temps pour tout dévorer! C'est pourquoi j'ai décidé de simplement publier les visuels que je croise et qui s'impriment dans ma rétine.
Donc, voici ma sélection du jour :
Jimi Hendrix, le gaucher magnifique de Jean-Pierre Filiu, éditions Mille et une nuits.
Bouquiniste, un rêve, un projet
Une ville sans bouquiniste, c’est une ville sans Histoire.
Une bouquinerie est un capharnaüm de bouquins écornés, sentants bon la poussière et le papier moisi. Des livres qui ont justement leur histoire à eux, passant de mains en mains au fil du temps. Tout cela leur a laissé de nombreuses stigmates : couvertures gondolées, tranche décollée, pages jaunies et tachées…
Parfois l’un des propriétaires éphémères a immortalisé un livre de son nom, ou laissé un ticket de bus, ou une photo, plus rarement quelques annotations dans les marges…
Sale et cabossé, le livre s’éloigne du qualificatif de bien de consommation, pour devenir objet rare de collection.
A l’heure de la globalisation de la culture, le bouquiniste est une sorte de rebelle anarchisant cultivant un certain désordre dans son échoppe. On ne rentre d’ailleurs pas chez un bouquiniste comme dans n’importe quel commerce. Il faut prendre le temps de fouiner, de feuilleter, de lire les dos de livres, la tête penchée de coté, le doigt suivant les étagères.
Une bouquinerie est un capharnaüm de bouquins écornés, sentants bon la poussière et le papier moisi. Des livres qui ont justement leur histoire à eux, passant de mains en mains au fil du temps. Tout cela leur a laissé de nombreuses stigmates : couvertures gondolées, tranche décollée, pages jaunies et tachées…
Parfois l’un des propriétaires éphémères a immortalisé un livre de son nom, ou laissé un ticket de bus, ou une photo, plus rarement quelques annotations dans les marges…
Sale et cabossé, le livre s’éloigne du qualificatif de bien de consommation, pour devenir objet rare de collection.
A l’heure de la globalisation de la culture, le bouquiniste est une sorte de rebelle anarchisant cultivant un certain désordre dans son échoppe. On ne rentre d’ailleurs pas chez un bouquiniste comme dans n’importe quel commerce. Il faut prendre le temps de fouiner, de feuilleter, de lire les dos de livres, la tête penchée de coté, le doigt suivant les étagères.
A l'attention des voleurs de livres ...
"Celui qui vole, ou emprunte et ne rend pas, un livre à son propriétaire,
que le livre volé se change en serpent dans sa main et le pique.
Qu'il soit frappé de paralysie, que tous ses membres éclatent.
Qu'il languisse dans la douleur, qu'il demande grâce en pleurant,
et qu'il n'y ait de sursis à ses tourments avant qu'il ne soit anéanti.
Que les vers lui rongent les entrailles, au nom du Ver qui ne périt pas.
Et quand enfin il ira à son châtiment final, que les flammes de l'Enfer
le consument à jamais."
(Inscription dans la bibliothèque du monastère de San Pedro, Barcelone, XVe siècle.)
que le livre volé se change en serpent dans sa main et le pique.
Qu'il soit frappé de paralysie, que tous ses membres éclatent.
Qu'il languisse dans la douleur, qu'il demande grâce en pleurant,
et qu'il n'y ait de sursis à ses tourments avant qu'il ne soit anéanti.
Que les vers lui rongent les entrailles, au nom du Ver qui ne périt pas.
Et quand enfin il ira à son châtiment final, que les flammes de l'Enfer
le consument à jamais."
(Inscription dans la bibliothèque du monastère de San Pedro, Barcelone, XVe siècle.)
Bootleg - Les flibustiers du disque de Alain Gaschet
Bootleg - Les flibustiers du disque de Alain Gaschet aux éditions Florent Massot.
Bootleg : œuvre musicale piratée. Bien avant l’invention de Internet et la mise en place d’Hadopi, la musique était déjà piratée. Alain Gaschet était l’un de ces pirates. Il est nécessaire de préciser une chose : les pirates ne peuvent pas être assimilés à des artisans de la contrefaçon car ce qu’ils proposent n’est pas vendu sur le marché. La contrefaçon consiste à vendre une copie illégale d’un produit déjà en vente de manière légale. Le bootleger propose un produit qui n’a pas d’existence légale, et vend des enregistrements, live ou enregistrements de studio, qui n’ont pas été mis officiellement sur le marché. Ce documentaire qui se lit comme un polar, c'est la passionnante épopée de flibustiers du disque, jusqu'alors connue de quelques rares initiés en France, qui nous est révélée.
Alain Gaschet a été condamné à un an de prison avec sursis. Son crime? Avoir, pendant des années, fait profiter les passionnés de musique d'enregistrements, certes illégaux, mais qui n'auraient jamais existé sans lui. Des concerts, des chutes de studio, des sessions qui ne sont jamais sorties, bref, tout ce que les maisons de disques n'ont pas jugé nécessaire de publier car n'intéressant qu'un nombre très limité de fans et de collectionneurs, enregistrements pirates que Gaschet considère comme faisant partie intégrante de la culture musicale. Bandes oubliées ressorties des archives où elles auraient bien failli disparaitre à tout jamais si personne n'avait eu le soucis de les y exhumer, concerts mythiques enregistrés par quelques petits malins équipé de son magnéto et de son micro peint en noir pour être moins repérable, album sauvé in-extremis d'un pilori auquel il était promis...
Voila bien le genre de documents sonores dont peuvent rêver tous les fans qui ont déjà tout les albums officiels de leur artiste préféré. Bien loin d'empiéter sur les plate-bandes des insatiables maisons de disque vénales et capitalistes, les bootlegers ne font que vivre et partager leur passion à ceux qui ne peuvent se contenter du matériel en vente libre. Quand on voit qu'aujourd'hui les maisons de disques elles-mêmes, dans un soucis de grappiller le moindre centime tant qu'il est encore temps, n'hésitent pas à commercialiser, de façon officielle, des bandes dont le pire des bootlegers ne voudrait pas, et qu'à l'heure où n'importe qui peut, avec un simple téléphone portable, faire partager n'importe quel concert instantanément aux 4 coins du monde, ce livre distille un certain parfum de nostalgie à ceux qui ont, un jour ou l'autre, jeté une oreille curieuse sur un enregistrement à peine audible de son groupe fétiche. Pour les plus jeunes qui n'ont pas connu l'époque glorieuse des vinyles colorés et autres coffrets luxueux, ils découvriront un monde de raretés, Do It Yourself de fond de cave.
Alain Gaschet a été condamné à un an de prison avec sursis. Son crime? Avoir, pendant des années, fait profiter les passionnés de musique d'enregistrements, certes illégaux, mais qui n'auraient jamais existé sans lui. Des concerts, des chutes de studio, des sessions qui ne sont jamais sorties, bref, tout ce que les maisons de disques n'ont pas jugé nécessaire de publier car n'intéressant qu'un nombre très limité de fans et de collectionneurs, enregistrements pirates que Gaschet considère comme faisant partie intégrante de la culture musicale. Bandes oubliées ressorties des archives où elles auraient bien failli disparaitre à tout jamais si personne n'avait eu le soucis de les y exhumer, concerts mythiques enregistrés par quelques petits malins équipé de son magnéto et de son micro peint en noir pour être moins repérable, album sauvé in-extremis d'un pilori auquel il était promis...
Voila bien le genre de documents sonores dont peuvent rêver tous les fans qui ont déjà tout les albums officiels de leur artiste préféré. Bien loin d'empiéter sur les plate-bandes des insatiables maisons de disque vénales et capitalistes, les bootlegers ne font que vivre et partager leur passion à ceux qui ne peuvent se contenter du matériel en vente libre. Quand on voit qu'aujourd'hui les maisons de disques elles-mêmes, dans un soucis de grappiller le moindre centime tant qu'il est encore temps, n'hésitent pas à commercialiser, de façon officielle, des bandes dont le pire des bootlegers ne voudrait pas, et qu'à l'heure où n'importe qui peut, avec un simple téléphone portable, faire partager n'importe quel concert instantanément aux 4 coins du monde, ce livre distille un certain parfum de nostalgie à ceux qui ont, un jour ou l'autre, jeté une oreille curieuse sur un enregistrement à peine audible de son groupe fétiche. Pour les plus jeunes qui n'ont pas connu l'époque glorieuse des vinyles colorés et autres coffrets luxueux, ils découvriront un monde de raretés, Do It Yourself de fond de cave.
Des news du coté de Benjamin Lacombe...
Une actualité chargée pour monsieur Lacombe, qui a décidément la cote aussi bien chez les tout jeunes enfants, que chez les gothico-romantiques, et autres amateurs d'imageries un tantinet dark, avec la sortie de son Blanche Neige, prévu pour le 28 octobre chez les Éditions Milan.
"...Une nouvelle adaptation du texte original des frères Grimm et des illustrations de Benjamin Lacombe pour redécouvrir ce grand classique de la littérature jeunesse..."
Un autre très beau livre est annoncé chez Le Seuil, pour le 4 novembre. Attention les yeux!
Celui-là, je le veux bien pour mon noël!
Le palindrome de Perec
Le palindrome est un jeu littéraire, qui consiste en un mot, ou bien dans le cas présent, un texte, qui se lit de gauche a droite, aussi bien que de droite a gauche. Radar, et kayak sont des mots palindromes, Laval est une ville palindrome.
George Perec (1936-1982), grand amateur de contraintes d'écriture, a composé un jour, un palindrome de 1247 mots.

Perec a aussi écrit un roman lipogrammatique, La disparition, sans utiliser une seul fois la lettre E, et cela pendant 300 pages! Il s'est infligé des contraintes non seulement littéraires mais aussi mathématiques tout au long de l'écriture de son œuvre.
80 jours
D'abord, la canne, puis la chaise roulante. Et enfin, le lit... Les choses se font progressivement, histoire de s'habituer à la position couchée!
Vieux et malade, Edmond est au seuil de la mort. Il a 80 ans. Mais voilà que, inexplicablement, le processus de vieillissement semble s’inverser : sous le regard stupéfait de Juliette, la jeune et séduisante infirmière qui veille sur ses derniers moments, Edmond se met à rajeunir, au rythme d’une année par jour. Au bout d’une semaine, il n’a plus que 73 ans, au bout de deux semaines, 66 et ainsi de suite. Dès lors, sous l’effet de ce phénomène inespéré, c’est le monde entier qui paraît se transformer sous le regard de l’ex-vieil homme. 80 jours lui sont miraculeusement offerts, pour revivre toute une existence à rebours. Tout redevient possible…
Mais de quelle manière pourra bien s’achever cet étrange sursis ?
Une BD de Vadot et Guéret, aux éditions Casterman, 2006.
une très belle couverture!
Je publie cette couverture de roman rien que pour la photo! Je termine le livre rapidement et je vous en reparlerais plus tard. En attendant profitez de ces jambes!
Benjamin Lacombe
Benjamin Lacombe est un illustrateur de livre jeunesse. (publiés essentiellement chez Le Seuil Jeunesse) et de BD (Ed. Soleil).
D'autres de ses œuvres sont destinées à un public plus adulte!
D'autres de ses œuvres sont destinées à un public plus adulte!
Expo "eat me drink me" (2008)
"J'ai fait 2 pièces spécialement pour l'occasion. J'ai vraiment traité le thème d'Alice sous un angle particulier. Alors âmes sensibles passez votre chemin.Je me suis principalement appuyé sur la personnalité à la sexualité trouble de Lewis Carrol, sur son amour un peu trop prononcé pour les petites filles. Sur ce monde qu'il a créé pour les séduire. C'est la véritable Alice, à savoir Alice Liddel que j'ai dessinée.
Je sais d'avance que mon interprétation pourrait choquer, ce n'est pas du tout jeunesse dans l'approche."
"La forêt d'épingles"

"J'ai eu une partie pas facile à interpréter, puisque c'est le moment ou Wendy est faite prisonnière par les pirates et prête à passer sur la planche. Comme souvent j'ai profité de cette exposition pour creuser un univers bien loin de celui que j'explore en jeunesse (les petits passez votre chemin)... Quelque chose d'un peu plus sombre et trouble, donc. Quelque part j'ai voulu illustré une peu la personnalité un peu muselée de cette parfaite petite fille du 19e, Wendy, futur femme soumise".
Mais, Qu’en pense Keith Richards ?
Qu’en pense Keith Richards ?
de Mark Blake
Traduit de l’anglais par Nicolas Richard
Le sexe, la drogue, le rock’n’roll, Mick Jagger… mais qu’en pense Keith Richards ?
Avec une patience et une admiration à toute épreuve, Mark Blake a recueilli les pensées, les maximes et les aphorismes les plus percutants du bad boy le plus légendaire de l’histoire du rock. Son camarade Ron Wood a formulé l'hypothèse selon laquelle, en cas de guerre nucléaire, deux formes de vie seulement survivraient: "Les cafards et Keith Richards". Selon ses propres termes, Keith aborde "la vie comme un animal sauvage" et, après être à plusieurs reprises passé à deux doigts de la mort, il s'est forgé cette conception unique de l'existence qui est la sienne. Nonobstant, chacun d'entre nous peut tirer quelque chose de la vision du monde résolument rock'n'roll de Keith Richards. L'homme se confie peu, mais quand il parle l’effet est saisissant, jugez-en vous même :
« J’ai eu au moins trois docteurs qui m’ont dit : ʺSi vous continuez comme ça, je ne vous donne pas six mois.ʺJe suis allé à l’enterrement des trois ».
« Par miracle, grâce à l’abstinence et à la prière, mes dents ont repoussé. »
« On frappe à la porte de la loge. Notre manager, qui crie : Keith, Ron, Police, c’est pour vous ! On a paniqué, on a tout jeté dans les chiottes. La porte s’est ouverte, et qui on voit rentrer ? Sting et Stewart Copeland ! »
« Le truc le plus bizarre que j’ai sniffé ? Mon père. Il a été incinéré et je n’ai pu résister à l’envie de le mélanger à un peu de poudre. Le connaissant, mon père s’en serait foutu. »
Mon passage préféré : « Altamont, ça ne pouvait arriver qu'aux Stones, mec. Regardons les choses en face: ce ne serait pas arrivé aux Bee Gees. »
Mark Blake est rédacteur en chef du célèbre magazine musical anglais Q.
Quelques perles d'inculture!
Le bourgeois gentleman, L’école des fans, et Les fourberies d’escarpin de Molière.
Docteur Junkie et mister Hyde,
L’amant de Lady Chatterton,
Les 3 moustiquaires de Dumas,
Ainsi parlait Haroun Tazieff,
Les tics de Spinoza,
L’étranger de Cabu,(pourquoi pas Mon Beauf' d'Albert Camus?)
Le kid de Corneille,(le chanteur?)
La guerre des goals de Jules César,
L’insoutenable légèreté de l’être de Touré Kounda,
Les contes de l’abbé Casse de Maupassant,
Les lésions dangereuses de Choderlos de Laclos,
L’archipel du goulasch de Soljenitsyne,
Viol de nuit de Saint-Exupéry,
La veste de Camus …
Qui a écrit Le neveu de Diderot ?
Vous avez ...une BD... de Margo... Lynch ? (famille proche de David)
Y’a quoi en théâtre de Shake Spears ? (sans doute le frère de Britney)
Quelques extraits tirés de Perles d’inculture (JL Chiflet aux éditions Mots et Cie 2002) ...
Et quelque uns de ma vie quotidienne d'adjoint du patrimoine de seconde classe !
Wifi dans les bibliothèques : que ne ferait-on pas pour le Progrès ?
Présent dans les jardins publics, dans certains bars, commerces et hôtels, sur le campus et dans les bibliothèques universitaires, dans nos immeubles, le Wifi arrive cette année dans les bibliothèques municipales de Grenoble. Le réseau des BM, jusqu’alors relativement épargné (la bibliothèque Kateb Yacine est déjà équipée), va se doter de la technologie sans fil dans plusieurs établissements, en particulier dans les « têtes de réseau » : bibliothèques du Centre-ville et d’Etude et d’information. Cette décision d’installer le Wifi vient en partie de la demande récurrente de certains usagers désireux d’accéder à Internet depuis leur ordinateur portable.
Il est louable de la part de la direction des bibliothèques de répondre à ces exigences. Cependant, elle n’est pas sans savoir que cette technologie sans fil a causé dans quatre bibliothèques parisiennes des maux de tête, vertiges, malaises, douleurs musculaires, à certains salariés, obligeant la Mairie de Paris à désactiver temporairement les bornes en novembre 2007. Récemment, « Les agents de bibliothèques universitaires [à Paris] qui se plaignaient, depuis plusieurs mois, de nuisances liées au wifi viennent d’obtenir gain de cause, provisoirement au moins : un moratoire sur les bornes wifi a été décidé à l’université Sorbonne Paris III lors de la dernière réunion du comité hygiène et sécurité, le 30 avril. […] Ce moratoire concerne l’ensemble des établissements dépendants de Paris III – les bibliothèques Sainte-Geneviève (où le wifi avait déjà été débranché il y a un an pour être remplacé par une installation filaire), Sainte-Barbe (un site ouvert très récemment où il était prévu d’installer le wifi en complément du filaire), celle des Langues Orientales et le centre de documentation de la faculté de Censier. » (Libération, 13/05/09)
La direction des bibliothèques ne peut ignorer que son employeur, Michel Destot – après avoir couvert le centre-ville de bornes Wifi – a adressé une lettre en septembre 2008 au ministre de l’Ecologie sur les antennes de téléphonies mobiles et du Wifi : « Les études scientifiques étant contradictoires sur le sujet, il relève bien de la responsabilité de l’Etat, en application du principe de précaution, de prendre des mesures nécessaire à la protection de la population. » Voici un maire pressé de se décharger de ses responsabilités. Le principe de précaution aurait été de ne jamais installer ces bornes. Si la protection de la population importait tant au maire, il retirerait par précaution ces bornes et autres équipements nécro-technologiques au lieu d’attendre de l’Etat d’hypothétiques mesures.
Mais le vrai “principe de précaution” pour notre santé mentale, sociale et politique aurait commandé de ne jamais procéder à “l’informatisation de la société” ni de sacrifier des métiers entiers et les rapports humains à la rationalisation et à la croissance économique. Il commanderait l’arrêt de la fuite en avant technologique et de l’implantation dans les documents des bibliothèques de puces électroniques RFID qui remplaceront bientôt les bibliothécaires eux-mêmes.
La direction ne peut ignorer le “Grenelle des ondes” (mai 2009) - aveu des nuisances des ondes électromagnétiques. Elle nous dira que ce “Grenelle” n’a pas tranché de la nocivité de ces technologies et que l’on ne connaît pas encore les risques avec certitude. Pendant que les autorités se retranchent dans l’attente du énième rapport de l’AFSSET et de l’étude européenne Interphone, nous demeurons exposés, cobayes d’une expérience grandeur nature. Faut-il rappeler que les lobbies du tabac, de l’amiante, des pesticides, du nucléaire ont toujours influencé des études sanitaires, concluant à l’insignifiance de leurs activités sur leurs cobayes humains. Ce qui tôt ou tard devient un “scandale sanitaire” avec son lot de cancers. La direction des bibliothèques s’est-elle demandé avant d’installer le Wifi, comment réagit le corps des usagers et du personnel exposé toute la journée aux champs électromagnétiques ? Le corps humain étant composé de 80% d’eau, quel est l’effet d’une exposition constante aux micro-ondes dont les fréquences mettent en mouvement les molécules d’eau ? Comment un environnement saturé de champs électromagnétiques influe-t-il sur la communication intercellulaire, basée sur la circulation des signaux électriques ? Les usagers devront-ils désormais laisser les enfants, plus sensibles encore aux ondes électromagnétiques, en compagnie de nos amis les animaux priés de rester à la porte des établissements ?
« Mais, nous dira la direction de ces bibliothèques, nous avons étudié la question et nous allons respecter la norme d’exposition au rayonnement ! » Une norme n’est jamais qu’un permis de léser la santé des gens jusqu’au seuil fixé administrativement. Pendant que les experts chipotent sur les doses “tolérables” pour chaque nouvelle nuisance, les sources d’exposition se multiplient et se diversifient, créant un cocktail dont les effets cumulés ne sont jamais pris en compte. Le wifi est la dernière couche ajoutée à notre environnement pathogène : pesticides, produits chimiques, métaux lourds, pollution de l’air et de l’eau, nucléaire, malbouffe. Cela rappelle la torture dite de “la goutte d’eau” : lâchez une goutte d’eau sur le front d’un prisonnier, celle-ci ne lui fera rien. Faîtes tomber cette même goutte pendant des heures, il en deviendra fou. Il n’y a pas de faibles doses. Une dose, même minime, souvent répétée entraîne des conséquences nuisibles.
Michel Bounan : « Aucun des précédents facteurs n’est la cause nécessaire de la maladie cancéreuse. En réalité, c’est leur effet global qui permet de comprendre l’actuelle recrudescence des cancers et d’infirmer du même coup, les fallacieux arguments de ceux qui ne parlent que de doses et d’intensité. » (La vie innommable, Allia, 2000).
Les êtres humains ne réagissent pas tous de la même manière aux pollutions. Par exemple, les électro-sensibles ne peuvent pas vivre dans un environnement saturé de champs électromagnétiques artificiels. Condamnés à se réfugier dans des “zones blanches” comme ce “village anti-ondes” de la Drôme. Ceux-là sont exclus de fait des bibliothèques équipées du Wifi. Doit-on sacrifier certains usagers des bibliothèques pour que d’autres puissent se connecter sans fil sur leur portable ? Au temps pour le service public. A ceux qui se demandent pourquoi on n’installe pas du filaire pour l’accès Internet, la direction répondra que cela coûte plus cher. La Mairie qui siphonne le budget culturel pour financer ses “Jeux de neige” ne pourra que féliciter les responsables des bibliothèques d’une telle économie. Il est plus avantageux de soumettre de centaines de personnes aux ondes électromagnétiques du Wifi que de consentir les frais d’un système filaire. Les conséquences sanitaires pour les usagers et le personnel sont cher payées pour quelques internautes sans fil. Autant vous y faire, c’est le prix de la numérisation de nos vies.
Des rats de bibliothèque
Grenoble, septembre 2009
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